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Corbeille à linge en osier

Les insectes de mon oseraie

Parmi les insectes qui se nourrissent de l'osier, il y a deux espèces qui sont particulièrement gênantes: Les cécidomies sur triandra et les chrysomêles sur le reste.

La cécidomie est une mouche minuscule qui pond en tête du rameau, ce qui provoque une "fleur" sorte de petit artichaut dans lequel se trouve les ½ufs. Cela provoque une fourche sur le brin d'osier par la suite et peut se reproduire trois fois durant la pousse (adieu les beaux brins!).

Les chrysomêles sont des sortes de gros doryphores rouges ou de petits bleus qui mangent les feuilles en ne laissant que les nervures et se multiplient très vite (trois cycles aussi dans la saison). L'invasion se fait par milliers, la pousse de brins d'osiers longs et fins est alors extrêmement compromise.

Le seul insecticide que je m'autorisais avant de décider de ne plus mettre de produits de synthèse était le DECIS( pyréthrine de synthèse le moins fort que je connaissais) (je n'ai jamais eu de résultat avec la roténone et pourtant j'ai essayé souvent). Le traitement tuait les petites bêtes mais j'avais souvent une forte attaque de pucerons par la suite.

J'avais remarqué depuis bien longtemps que la chrysomèle n'allait pas sur le triandra et que la cécidomie ne faisait aucun dégât sur les purpuréa qui sont pourtant côte à côte dans mon oseraie.

J'ai donc pensé à faire une macération de l'écorce de triandra. Je l'ai pulvérisé avec une préparation homéopathique de ma fabrication, de la chrysomêle en 30 CH, plus une pulvérisation d'huile de neem (graine d'un arbre indien, le margousier) et ça a marché! L'hiver suivant, à la biocoop de Bressuire, je tombe sur le livre "Purin d'ortie et compagnie" de Bertrand / Collaert / Petiot éditions De Terran que j'achète. Je m'aperçois que j'étais sur la bonne voie, enfin une démarche qui me convient totalement!

Au printemps 2007, je décide de faire la même chose contre la cécidomie: macération que je dilue d'une variété qui n'est pas attaquée par la mouche (écorce de purpuréa) + homéopathie en 30 ch de la mouche piégée (enfin, je suppose que c'est elle) avec le neem mais je n'obtiens pas le résultat espéré et la mouche fait des ravages (j'ai appris par la suite que d'autres oseraies avaient eu une forte attaque cette année là ?).

En 2008, je décide de continuer les traitements avec les plantes, malgré la déception de l'année précédente. Je rajoute la macération d'ail proposée dans "Purin d'ortie et compagnie" ainsi que de l'extrait fermenté de fougère, en alternance avec mes extraits dilués d'extrait fermenté de saule + l'huile de neem. Les résultats sont satisfaisants et j'ai l'impression de commencer à maitriser un peu les problèmes. La récolte est moyenne due certainement au manque de pluie durant l'été ou simplement au vieillissement de l'oseraie?

2009, attaque de chrysomêles, non pas la grosse rouge mais une petite bleue argentée! Je l'avais déjà rencontrée au début de la plantation, il y a une douzaine d'années. J'applique mon nouveau protocole mais rien n'y fait, je ne comprends pas . En juillet je n'avais plus qu'un tiers du feuillage sur le purpuréa daphnoïdes qui ne poussait plus. Influencé par le livre des édition du Terran, je diluais toujours les préparations. Je ne me souvenais plus comment j'avais fait en 2006, j'ai donc refait une pulvérisation avec un extrait fermenté (macération de plusieurs jours) d'écorce de triandra, mais pur.

Contrairement au traitement chimique les insectes ne sont pas tous tombés par terre, c'est très progressivement qu'ils ont disparus... pour ne plus revenir. Ouf!!
En 2010, ne constatant que peu de chrysomêles présentes, je n'ai pas mis de neem dans la préparation de saule, mais j'ai toujours rajouté du purin d'ortie dilué à 5 % avec en plus un mouillant. J'ai alterné avec de la fougère et je n'ai pas eu de problèmes sur le purpuréa qui a très bien poussé. J'ai ajouté le neem sur le triandra, il y a bien une présence légère de cécidomie mais elle n'est pas dommageable pour la récolte qui je pense sera bonne malgré une invasion de pucerons en fin d'été que je n'ai pas chercher à maitriser, espérant sur les coccinelles pour faire le boulot... A suivre...

Conclusion non définitive: les cultures intensives comme la mienne ne sont pas naturelles et la nature s'occupe de rétablir l'équilibre avec les moyens dont elle dispose. Mon travail consiste donc à maintenir ce déséquilibre. J'emploie les extraits fermentés de saule purs additionnés de purin d'ortie à 5% tous les quinze jours environ et j'alterne avec de la fougère et consoude et ail quand j'en ai fabriqué, la semaine qui suit ou après la pluie. J'y ajoute du mouillant (biofa) et de l'huile de neem quand l'attaque est sévère, ou pour certaines variété comme le triandra (cela parce qu'il est difficile de compter les mouches même si je dispose des pièges à mouches tous les 8 mètres dans le triandra) J'ai noté que cela ne nuisait pas à la pousse de l'osier, bien au contraire, je constate un regain de vitalité (mais c'est peut être une observation subjective!).

Ce qui est valable pour moi ne le sera peut être pas pour les autres, chacun agit selon ses propres motivations et le bon ou mauvais résultat sera interprété différemment en fonction de ses propres valeurs. Il est évident qu'avec cette démarche de soin nous ne sommes plus dans l'esprit de tuer à tout prix «le nuisible» et les conséquences des traitements sont plus lentes car nous aidons la plante à se défendre... Nous avons autour de nous certainement tout ce qu'il faut pour nous aider à soigner les plantes que nous cultivons. Si nous avions un service public digne de ce nom, nous aurions des centres de recherche qui travailleraient sur ce sujet et trouverait certainement des choses passionnantes, mais ils sont au service plus de l'économie que de l'humain; les traitement que je propose ne coûtent quasiment rien car c'est le paysan qui gère, la même chose que quand il ressemait ses propres semences...

Tout cela est loin d'être définitif car tout est en mouvement, une année ne fait pas l'autre et cela reste du tâtonnement. Si d'autres personnes ont des idées qui vont dans ce sens, je suis preneur!! A suivre donc ...